L’épicerie fine, un marché alimentaire qui fait saliver …

Le postulat de départ est plutôt clair. Je ne cherche pas les mêmes produits si je fais mes courses en GMS ou dans une épicerie fine. Cette dernière, gage de bon goût et de produits locaux de qualité, est un concept largement développé en France (et à l’international) depuis de nombreuses années. N’en déplaise à un contexte économique grincheux et mouvant, pour une cible de consommateurs finalement plutôt large, les contraintes budgétaires fondent comme neige au soleil quand il s’agit de bien se nourrir avec du bon et avec du sain. Luxe et Terroir sont les maîtres-mots de ces points de vente pas comme les autres.


D’un point de vue marché, une récente étude Xerfi-Precepta place l’épicerie fine comme l’un des segments de franchise les plus porteurs jusqu’en 2017. Un marché en pleine mutation et structuration tant les canaux de distribution sont riches et différents : magasins spécialisés, comptoirs dédiés dans les supermarchés, sites de e-commerce. A l’instar de Fauchon, grande maison créée en 1886, de grands noms de l’épicerie de luxe investissent dans leur marque, dans leur communication et annoncent des prévisionnels de CA alléchants (Comtesse du Barry, Lafayette Gourmet, la Grande Épicerie de Paris, …). De plus petites enseignes, parfois spécialisées dans une seule gamme de produit et implantées en centre-ville, valorisent quant elles un marché de proximité grâce à des produits locaux, fabriqués dans la pure tradition d’une région qu’elles représentent. Force est de constater également le foisonnement de corners en GSA, ces mastodontes de l’alimentaire misant de plus en plus sur une offre haut de gamme à prix plus accessibles que leurs voisines de marché.


Un point d’alerte cependant aux vues du nombre d’acteurs sur le segment, certaines marques peinent à trouver leur trend voire s’y perdent comme la marque Hediard, pourtant fleuron représentatif du concept, qui a déposé le bilan en 2014 et qui a été rachetée en fin d’année.


Un marché à fort potentiel donc, à l’offre parfaitement définie, mais en prise à l’engouement massif de ses distributeurs. En témoigne l’analyse de ce salon spécialisé, Gourmet Food and Wine Sélection (http://www.salon-gourmet-selection.com/Le-salon/Actualites-du-salon-Gourmet/Focus-sur-le-marche-de-l-epicerie-fine) dont la prochaine édition fin 2015 devrait confirmer les tendances d’un concept qui a le vent très en poupe.


Quelques facteurs clés de succès marketing ?




  • Une offre pointue afin de se démarquer des corners de grandes surfaces : il ne suffit pas de se prétendre épicerie fine, les consommateurs sont avertis

  • Une vraie connaissance et un suivi des produits : le partenariat créé avec les producteurs fera la différence

  • Un assortiment important, dans l’ensemble des types de produits et une rotation régulière en magasin afin jouer sur l’effet nouveautés et faire tourner les stocks

  • Une offre marketée en mettant en avant ses points forts : authenticité, productions artisanales, mise en avant des savoir-faire, explications, utilisation des produits etc…

  • Une mise en scène permanente des produits, les mixer entre eux pour proposer des coffrets lors des événements du calendrier  (coffrets crêpes à la Chandeleur par exemple) ou pour tout type d’occasion (apéro, goûter, cadeau…)

  • Une offre commerciale spéciale entreprises à penser, pour les cadeaux d’affaires par exemple

  • Une communication régulière et efficace : flyer, infos de sa base clients, partenariats avec d’autres commerçants etc…

  • Un design boutique étudié : revisiter, suivant l’inspiration, les codes de anciennes épiceries à travers les étagères, les bocaux, l’enseigne, les comptoirs, les étals etc…

  • Un service clients aux petits oignons : accueil, renseignements, réactivité, emballage, cadeaux, fidélisation, réponse aux demandes particulières etc…

Ciliablog